Qu'est-ce que la MTE ?

Le Raisonnement Analogique

 

La Médecine Traditionnelle Européenne (MTE) est basé sur le Raisonnement Analogique, système mnémotechnique extrêmement performant, qui permet de résumer et de hierarchiser les symptômes d'un malade afin de mieux comprendre le mécanisme de sa maladie et de proposer un traitement naturel efficace basé sur la correction des erreurs diététiques et sur des compléments alimentaires à base d'épices.


Analogiquement parlant, ce qui favorise les maladies, ou la résistance à celles-ci, c'est le Terrain. Il a quatre composantes, selon le système mnémotechnique de la tradition européenne : la santé serait l'équilibre entre celles-ci, la maladie l'excès d'un des aspects.


Le raisonnement analogique est donc un système qui a pour but de sélectionner rapidement le "plus petit commun dénominateur" de plusieurs symptômes différents mais de même signification. En d'autres termes il permet de hiérarchiser les symptômes, d'extraire les éléments significatifs lors de l'examen d'un malade, de les distinguer de la foule de détails sans intérêt pratique pour le diagnostic et le traitement.


Le raisonnement par analogie a l'avantage de la simplicité. Et il est d’une efficacité concrète certaine.


Pour l’utiliser, il faudra d'abord fixer des critères simples, arbitraires en apparence, spécifiques de chacun des quatre aspects du Terrain, auxquels on se référera et auxquels on comparera les symptômes du malade pour comprendre quel déséquilibre du Terrain a causé la maladie.


Traditionnelement les critères auxquels on compare les symptômes sont classés en trois référentiels, que sont les Quatre Eléments (Air, Feu, Eau et Terre), les Quatre Energies (Chaud, froid, sec et humide) et les Quatre Humeurs (qui sont en fait des fonctions).


Un symptôme sera classé comme reflétant un des quatre aspects du Terrain en fonction de son analogie avec un aspect de n'importe lequel de ces trois systèmes.


Pour être utilisables en pratique clinique, les trois référentiels doivent parfaitement correspondre entre eux, dans tous les cas de figure, aussi bien pour analyser la physiologie que la pathologie, aussi bien pour prévoir les effets des aliments que ceux des plantes, et même du climat, sur l’être humain. Bref pour déterminer le fonctionnement de l’être humain et les effets de son environnement, il ne doit y avoir aucune contradiction entre les analogies qui sont attribuées respectivement aux quatre Éléments, aux quatre Humeurs, et aux quatre Énergies Élémentaires dans le raisonnement analogique. Autrement dit à chaque Élément doit correspondre une Humeur et une combinaison d'Énergies, de telle sorte que l’on puisse définir un symptôme par n’importe laquelle des 3 approches sans qu’il y ait contradiction.

C’est la condition sine qua non pour l’efficacité pratique du Raisonnement Analogique.

 

Le chaînon manquant


Or il semble qu'au niveau des correspondances entre les trois référentiels il y ait justement eu depuis longtemps une erreur dans la transmission de la Tradition Européenne, autrefois orale, puis mise par écrit par Hippocrate au 3e siècle avant JC, et reprise 5 siècles après par Galien, erreur fondamentale qui rend le raisonnement par analogie difficile, si ce n'est impossible en pratique courante

Ce qui amenait, au mieux, à établir un diagnostic imprécis, puis un traitement-recette symptomatique, sans rapport avec le diagnostic de Terrain ; au pire, à utiliser la méthode en dépit du bon sens, comme du temps de Molière. L’intérêt du Raisonnement Analogique est pourtant que le traitement découle automatiquement du diagnostic personnalisé.

La principale erreur, celle qui a eu le plus de conséquences, rendant le système incohérent, est la suivante.

Voici en effet comment on associe habituellement les quatre Éléments et les quatre Énergies :

 

  


Ce qui n’est pas logique.

Que le feu soit chaud et sec, tout le monde en conviendra. Mais l'air est-il de nature chaud et humide ? La Terre est-elle vraiment naturellement sèche ? L'eau est humide, bien sûr, mais est-elle froide de nature ? Pour qu'une analogie soit valable, nous l'avons dit, elle doit pouvoir s'appliquer dans tous les cas.


Essayons donc de remettre un peu d'ordre et un peu plus de cohérence dans tout cela.


1) D'abord il semble que ce qui est humide doit par définition contenir l'Élément Eau. Or il n'y a que la Terre et l'Eau elle-même qui en contiennent, puisque les Éléments les plus grossiers contiennent en eux les Éléments les plus subtils (voir la page : bases physiologiques). Le Feu et l'Air qui ne contiennent pas d'Eau sont donc secs. Et nous aurons donc forcément:


Humide : Eau & Terre 

Sec : Feu & Air

 

2) Que le Feu soit chaud est évident, et qu’il assèche également. Le Feu est donc chaud et sec, et doit correspondre à l’aspect du Terrain défini par ces 2 Énergies Élémentaires. C’est d’ailleurs ainsi que la tradition, même faussée par ailleurs, l’a transmis à juste titre. Difficile de faire autrement.


3) Quant à l'Air, il est classiquement assimilé au Vent. Or on sait que le vent refroidit, et on souffle sur les aliments quand ils sont trop chauds - et sur l'encre pour la sécher ; d’ailleurs par temps de vent il faut arroser les potagers plus souvent…. Il faut que les analogies correspondent à la réalité : l'Air ne peut donc être que sec et froid, et correspondre à l’aspect du Terrain défini par ces 2 Énergies Élémentaires.


4) Il faut aussi que les qualités attribuées aux quatre Énergies correspondent aux Éléments: que la Terre soit plus fixe que l'Eau, qui a toujours tendance à s'écouler, personne n'en disconviendra. Or la fixité est une qualité du froid, l'écoulement celle de la chaleur (voir la page : bases physiologiques). Donc l'Eau est analogiquement chaude par rapport à la Terre qui est froide.


5) La synthèse nous donne les correspondances entre les 4 Éléments et les 4 combinaisons d'Énergies Élémentaires, telles que nous les utiliserons en pratique : car contrairement aux anciennes correspondances, elles peuvent maintenant avoir une application clinique fiable.

Représenté graphiquement, cela donne le schéma suivant :

  

 

Si l'on y rajoute le 3e référentiel, celui des 4 Humeurs (qui ne sont pas des substances mais des fonctions, rappelons-le), les correspondances sont :


 

Les correspondances classiques ne permettaient pas de raisonner sérieusement en Médecine. Elles perdaient donc tout intérêt pratique. Quand la Tradition est mal transmise, il faut corriger l’erreur tout en respectant les principes de base de cette Tradition. Une Tradition inefficace n’a aucun intérêt, et une médecine coupée des principes traditionnels fondamentaux est inefficace, voire nuisible.


Ne rejetons donc pas en bloc une Tradition devenue inefficace, mais il ne faudrait pas non plus l'accepter sans réfléchir.